Game over: on sort du jeu

Publié le 28 Juin 2016

Cette année fût pour moi une période de « conflits internes ».

Le plus important, à été ce duel entre cœur et raison. Depuis la date de mon inscription au concours de Gardien de la Paix, en Juin 2015 jusqu’à Mars 2016, j’ai mis du cœur à l’entrainement. Me conditionner physiquement et mentalement à un métier d’action, d’urgence et de danger, fût mon obsession. De ce fait, ma pratique de l’Aïkido est devenue secondaire. Ma priorité était de trouver un équilibre entre mon étude personnelle des « arts internes chinois » et une formation physique de type « fonctions corporelles tous-terrains ». Le type d’entrainement qui éprouve le métabolisme pour le rendre « opérationnel » en toutes circonstances. Le but à atteindre pour les passionnés de CROSSFIT. Cependant là encore il m’a fallu faire le trie. Ne pas m’éloigner du but recherché. La raison me soufflait de privilégier cette préparation. Le cœur lui étant toujours tourner vers ma passion pour l’Aikido.
Si je devais résumer l’année écoulée en un mot : to strive ; to endure. Ce terme qui représente l’essence de la philosophie des Shinobi. Très loin de moi l’idée de mon comparer à un Ninja, mais j’ai toujours en tête un texte de Takamatsu Toshitsugu similaire à la prière Des Delta Forces..bref.
La dernière étape du concours approchant (l’oral), la raison continua à me marteler : Vais-je devenir un outil politique ou un homme d’action exemplaire. Suis-je entrain de suivre une voie de guerrier ou vais-je me perdre dans autre chose…Bref, les résultats du concours sont tombés, âge limite dépassé, il n’y a plus de tentative possible. Presque un an de préparation pour rien. Ou presque…
Tellement obsédé par mon entrainement personnel avec des objectifs clairs, j’ai peu à peu perdu la motivation supplémentaire pour me rendre au dojo. J’aspirais toujours à une pratique martiale traditionnelle, mais les temps sur tatami après des journées bien pleines semblaient interminables. Je ne faisais que regarder l’horloge comme un collégien en classe de Math. Un état d’esprit adapté aurait probablement amélioré ma motivation pour la pratique en « Club ». J’ai essayé, insisté, arrêté puis repris un cours pas ci, un là-bas et au final, je ne me suis pas présenté au passage de grade, une fois de plus. Ce serait manquer de respect: « Salut je me pointe histoire d’avoir mon tampon. » C’est moyen comme attitude. 11 ans d'Aïkido, toujours 4 ème kyu...bientôt 40ans... C'est un bon score ça, sûrement un record.


Faisant le point, aujourd’hui je prends du recul et considère cette période écoulée comme bénéfique à mon évolution. Pour reprendre un point important que partagent les instructeurs de l’école Kinshinkaï (fondateur Léo Tamaki), sortir de sa zone de confort est indéniablement un passage qu’il faut franchir le plus souvent possible : « Ride accros the river deep and wild… » (p’tite chansonnette que j’ai en tête). Alors il est clair que sur le plan du catalogue technique en Aïkido, j’ai de sérieuses lacunes. Ayant connu différentes écoles, quand il s’agit de sortir la « bonne » technique, je suis toujours à l’ouest. Mais pourtant … là se trouve un 2nd conflit interne qui me ronge…


J’ai un parcours fait de beaucoup de croisements, mais une ligne constante me guide vers mes objectifs. Que dois-je faire quand de dojo en dojo j’ai l’impression de perdre les connexions qui me rattache à cette ligne ? Suis-je trop impliqué dans un travail personnel pour ne pas être ouvert à d’autres enseignements plus récents? Suis-je trop critique, le rebel qui voit toujours une révolte à crier? Sortir de son confort et de ses croyances, c’est aussi se confronter à d’autres pratiques, mais voilà. Encore faut-il trouver une étincelle qui donne l’enthousiasme. La stimulation lorsque l’on fait face à l’excellence que l’on souhaite atteindre. Aujourd’hui je suis fatigué. Fatigué d’observer ce que génèrent les systèmes de grades actuels en Fédérations : Un exemple. Le gars est cycliste depuis l’enfance, a participé à divers rencontres sportives etc. Il décide finalement de rejoindre une fédération qui lui demande alors de passer des niveaux, un seul par an, avant d’avoir un espèce de certificat fédéral. La 1er année tu dois apprendre ce qu’est une roue, la 2nd le mécanisme du dérailleur, etc. Coaché par des gars qui font l'inverse du coach en chef, à des années lumières des règles du bitume... Le cycliste abandonne. Lui ce qu’il veut c'est sortir c'est mollet et pointer son fondement sur son vélo. Il veut dire:" hey les gars! On se la monte cette crête où on reste sur du cyclable?

les conséquences des pédagogies fédérales ? Juste à voir l’histoire du Krav maga en France. Ce que Les crabes de la FFAB ont fait une fois le panier ouvert...

Je suis fatigué de participer à des démonstrations à la demande parceque les « clubs » en place diversifiant leurs pratiques pour attirer la clientèle trompée, se desistent au dernier moments... Fatigué de devoir subir le jeu des relations. Bref, je me situe au mauvais endroit, au mauvais moment.


L’excellence existe. Elle se propage dans certains groupes indépendants à l’esprit ouvert. Ainsi j’aspire à ce que ma conduite m’amène à croiser de nouveau le chemin qui conduit à la progression. J’ai ainsi décidé de supprimer mon blog, de réduire au maximum tout ce qui à pu me disperser, me détourner de l’essentiel. Reprendre l’esprit du débutant dans le sens du renouveau.


David Kemp on se voit samedi sans chorégraphie ni déguisement.

Eric Hache Sempai à bientôt.

Pour les 14 abonnés (c'est ridicule) j'aurais préféré que vous soyez nos partenaires.

Pour L'aiki? Le Kinshinkaï. Vivement le prochain stage!

Game over: on sort du jeu

Rédigé par Frédéric Vernet (Daiki Yoshiteru)

Publié dans #Arts Martiaux

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