Handicap: activité Gym Douce - Education corporelle
Employé de 2010 à 2014 en secteur sanitaire et social, j'avais repris l'acitivité Gym Douce déjà en place pour un établissement spécialisé fin 2013.
Je serais honoré de partager cette activité à d’autres, toujours dans un cadre réglementé, et en toute collaboration avec les professionnels encadrants.
Le programme de l’activité est « vivant ». Je propose un plan de travail modifiable.
Mon Parcours: STEAM: l'enseignant
Me contactez : Frédéric VERNET, 0626742931 – fredo.vernet@gmail.com
Handicap
Gym douce - Éducation corporelle
Ci-dessous, le projet tel qu'il a été présenté à la Direction.
1. Introduction :

2. Observation :
3. Objectifs
3.1. Soulager les tensions
3.2. Prévenir les risques ostéo-articulaires
3.3. Eveiller le corps
3.4. Bien-être.
4. Mise en place :
4.1. Exemple de programme en Education Corporelle.
5. Évaluation intermédiaire :
6. Évaluation finale :
7. Projection :
8. Annexe :
Annexe 01 : Systèmes nerveux
Annexe 02 : Viscère et entrailles selon la MTC.
9. Références et notes :
Ce projet présente l’activité qui se déroule les mardi après-midi au foyer d’accueil spécialisé (FAS) de [...], structure appartenant à l’Association [...]. Nous allons développer ce que signifie la notion d’éducation corporelle, ses objectifs et les moyens dont nous disposons. Ceci en fonction des observations faites pour ce type de public ciblé.
Les usagers ont en commun une sédentarisation accentuée par de nombreux troubles psychomoteurs et/ou psychiques les contraignants au minimum d’activité physique. De part leurs handicaps ils ont tendance à s’interdire, volontairement ou inconsciemment, d’aller au-delà de leur condition. En partant de ce constat, notre 1ère mission est d’encourager le participant à révéler son potentiel au travers d’une pratique physique adaptée. L’éducation corporelle est un outil avant tout pratique qui s’éloigne du travail cognitif pure. Cependant, tout en pénétrant les couches d’un système complexe, cette forme d’éducation agit depuis un plan physiologique jusqu’à la sphère psychique. Dans certaines pratiques alternatives de santé, dont les bienfaits sont aujourd’hui reconnus grâce aux sciences médicales modernes, sont étudiés, entre autre, les changements d’état d’esprit que provoquent les exercices de type respiratoires. On sait que le corps est un bon conseiller, qu’il nous donne des alertes, des signes qui reflètent le mal-être. La communication est aussi en chemin inverse et c’est ce trajet que nous allons suivre par l’éducation corporelle. Il nous faut mettre en mouvement ce qui est figé. Comme on dit, le mouvement c’est la vie.
Nous devons gratter sous la couche poussiéreuse du temps pour voir non pas un vestige mais une œuvre à accomplir.
Education et conditionnement. Deux mots qui peuvent être assimilés à des pratiques douteuses. Dans notre activité nous parlons de la racine latine Educare: action de “guider hors de”. Par conditionnement nous entendons “mettre en situation”, “réunir les conditions” favorables au développement. Nous sommes donc bien dans une recherche d’autonomie physique et mentale, en guidant au-delà de l’invalidité.
Le quotidien est bénéfique et fait parti des outils éducatifs. Pour certains usagers en institution spécialisée, ces repères sont essentiels, mais nous savons qu’une cassure de cette « routine » est indispensable pour revenir serein dans la vie collective. Ainsi, les activités hors fonctionnement du foyer ne peuvent êtres que bénéfiques au groupe de vie. En plaçant l’usager en tant qu’individu au centre du dispositif nous poussons encore plus loin l’accompagnement vers l’autonomie et l’intégration sociale. L’exemple est donné avec des ateliers déjà en place comme la réflexologie plantaire, la relaxation, qui leurs apportent la notion de plaisir sensori-moteur qui sort du contexte collectif. Dans l’idéal et à partir de ce ressenti, l’usager peut passer outre son état et reprendre possession de son individualité. Selon la thèse de plaisir et handicap physique1, la personne handicapée serait en deuil permanent de son corps et inconsciemment elle s’interdirait la normalité. Ce serait paradoxalement les plaisirs clandestins qui permettraient l’intégration : « Tu n’as pas droit au plaisir, mais tu dois t’intégrer !». Ainsi on peut s’imaginer l’avancer vers la normalité que peut procurer une activité permettant la réappropriation de son corps, par delà les interdits institutionnalisés.
Selon l’observation faite du public ciblé, nous avons plusieurs objectifs à atteindre :
3.1. Soulager les tensions
Par le biais des exercices de gymnastique douce nous améliorons le fonctionnement physiologique du participant. Un des bienfaits est l’amélioration de la circulation des fluides sanguins et lymphatiques. Dans sa circonvolution le sang, carburant de la mécanique corporelle, est produit par la moelle osseuse. Par des exercices stimulant l’ossature, les ligaments, nous améliorons la production de ce carburant. Par une respiration longue et profonde on augmente l’apport en oxygène dans les tissus, les muscles, opérant un phénomène de détoxification et optimisant la thermorégulation. Les articulations, charnières de cette mécanique, demande à être en mouvement pour améliorer la production de synovie dans les manchons articulaires, évitant ainsi arthrose, calcification etc. Les exercices physiques de l’atelier sont élaborés dans ce sens et en harmonisant les pratiques on agit sur le corps entier : sa périphérie, sur sa charpente et ses cordages et enfin sur ses fonctions physiologiques. On peut imaginer que les fluides corporels sont des ruisseaux. On doit briser les barrages, faire fondre les zones gelées, mettre en mouvement les parties immobiles pour que s’écoulent naturellement la vie dans le corps. Les tensions se délient alors d’elles-mêmes.
3.2. Prévenir les risques ostéo-articulaires
Pour citer un exemple d’atelier, prenons le cas des membres inférieurs. « Le genou est le point de compensation entre le bassin et le pied : c'est donc lui qui va subir le maximum de contraintes lorsque le pied, la cheville ou le bassin seront mal positionnés.» Afin de réduire les risques ostéo-articulaires il convient donc de réapprendre à marcher. Bien sûr, l’objectif à atteindre dépend de chaque individu, de sa morphologie et de l’état de son terrain.
Déjà dans les anciens traités de Taiji Quan, le pied est décrit comme la racine de tout mouvement. Ses trois points d’appuie qui se répartissent les charges du corps doivent être stimulés, sensibilisés, pour retrouver les alignements osseux correcte des membres inférieurs, permettant une transmission harmonieuse des forces par les chaines musculaires autour de la charpente osseuse.
On sait que la cheville, le bassin et la nuque sont intimement liées. Une fatigue des lombaires se répercute sur la tension des chevilles, qui crée par un effet domino des tensions aux cervicales. Il convient donc de réajuster son corps en mouvements en développant ses facultés de proprioception. (Voir annexe 01)
Un outil formidable pour atteindre cet objectif est la marche lente et ses variantes.
Par exemple dans un premier temps on apprend à toucher le sol avec ses pieds comme on le ferait avec ses mains : On tâtonne, on écoute par le toucher avec les orteils avant de dérouler la voute plantaire, pour enfin adhérer au contact. On commence par stimuler les terminaisons nerveuses. Ensuite, on complique l’exercice par palier afin de terminer par dérouler une marche lente et continue, où l’intérêt n’est pas d’avancer mais de sentir les interactions du corps. On utilise alors les huit directions, on se déplace suivant l’itinéraire de formes géométriques, on alterne marches croisées, chassées etc. Il est ensuite possible de travailler à deux en utilisant un objet de liaison pour créer une marche « relationnelle ».2
Des essais lors des ateliers Gym douce ont été très concluant et nous aborderons la reprise des activités de Janvier 2014 par des marches lentes, en plus des autres exercices, car comme il est dit : « Il faut d’abord mettre en mouvement la racine avant les extrémités […] » (chanson de l’art interne).
3.3. Eveiller le corps
Chaque participant est différent de part ses habitudes corporelles, ses troubles physiques et psychiques. Notre travail en tant qu’encadrant est d’amener vers l’autonomie dans l’idéal ou simplement de maintenir ce qui est acquis. Nous faisons face à des problématiques bien plus complexes que dans le cadre d’atelier avec des participants sans handicaps. La perte de mobilité est l’axe prioritaire à travailler mais il faut au préalable réveiller les consciences corporelles.
Nous allons décortiquer les automatismes, comme par exemple ceux de la marche, pour en comprendre les leviers, les rouages, toute la mécanique qui entre en jeu dans ce type de mouvement que l’on utilise pourtant depuis nos premier pas. « J’avance, mais pourquoi, de quelle manière et dans quel but ? ».
Nous allons apprendre aux participants que porter de l’attention sur une partie du corps va réveiller ces zones endormies, fainéantes, qui tendent à se faire oublier. « J’ai mal au dos ! Mais je ne sais pas où exactement ! ». « J’ai mal à la jambe quand je me lève de ma chaise, mais je ne sais pas pourquoi ». Peut être que nous pourrons répondre à ces formulations par un apprentissage adapté se rapprochant des études menées en ergothérapie et psychomotricité. Apprendre à sentir ses appuies au sol, à jouer dans les déséquilibres, à se lever dans une économie de mouvements. Une chute physique est la rupture des appuies, mais elle ne signifie pas obligatoirement une rupture de la matière dans l’espace. Quand on prend le contrôle de son corps et qu’on apprend à chuter, l’espace vide n’est plus l’inconnu. A chaque problème observé il y a des exercices adaptés qui sont possibles.
Le terme de conscience corporelle est peut être fort pour un objectif à atteindre en institution spécialisée mais comme on dit : « le mieux est l’ennemi du bien »
Prenons l’exemple d’un exercice permettant de réduire la peur de l’espace inconnu :
Un parcours simple avec des obstacles, les yeux bandés. Un point de départ qui est une table et un point d’arriver qui est la porte de sortie. Nous demandons aux participants d’imaginer qu’ils sont dans le noir, il n’y a plus d’électricité, il se peut qu’il y est des fumées opaques, une alarme agressive empêche d’entendre au loin…Ils doivent retrouver la sortie pour rejoindre le groupe et être en sécurité. Avec les exercices précédents de marche lente, ils savent écouter le sol avec leurs pieds et avancer doucement, surement. Les mains sont leurs radars, il faut trouver un objet connu, une chaise, un mur. Etape par étape, objet après objet, ils arrivent à se faire une image mentale de la pièce qu’ils connaissent puisque tous arrivent à rejoindre la porte, l’ouvrir et sortir à la lumière. Tous réclament de recommencer et apprécient l’exercice. Malgré l’inconnu du vide, ils savent retrouver des repères par le sens du toucher. Dans le même type d’exercice, nous pouvons travailler sur tous les sens et stimuler globalement le participant.
3.4. Bien-être
La notion de bien être est très générale quand elle est enfermée dans le carcan de la normalité sociale. Cela peut être le bonheur de la réalisation de nos rêves, pourvoir à ses besoins, acquérir l'objet désiré...Dans le cadre de notre projet, nous devons apporter du plaisir aux usagers dans une activité qu’ils ne doivent pas percevoir comme une contrainte. Cependant c'est par l'effort qu'ils trouveront du réconfort. Leur bien-être peut être simple et nous avons observé que suite a un exercice physiquement contraignant, le participant y découvre du plaisir: « j'y arrive. Moi aussi je sais le faire! ». Notre rôle d'encadrent prend alors de la valeur. Nous ne sommes pas dans le faire mais dans l'accompagnement pour le dépassement des conditions. De nouvelles perspectives sont éclaircies qui nous montrent un chemin à suivre pour le bien être personnalisé du participant.
La peur du manque d'expérience fige tout individu. Il existe plusieurs degrés de peur et le plus terrible est celui de la peur paralysante, quand face à un stress le corps ne répond plus. Ici encore il est question de conditionner le comportement en réunissant des schémas opérationnels encrés dans le système nerveux. Par force de répétition, on entraine une mécanique d’auto-défense basée sur divers modes d’action qui va transformer la peur en stress stimulant. Selon un article de Psychologie.com3 il faut réunir trois conditions pour dépasser une épreuve :
- Choisir de s’y confronter
- Avoir acquis les compétences nécessaires pour faire face
- Avoir les soutiens appropriés humain pendant et après l’épreuve
Prenons le cas d’un usager confronté pour la 1er fois au parcours les yeux fermés : Impossible pour lui de bouger. Il se met à pleurer dès qu’il perd ses repères visuels. Nous l’accompagnons doucement sur une courte distance, le guidant par la voix et sans perdre le contacte physique. 2nd séance, toujours un besoin de contact physique mais la peur de l’inconnu n’est plus un obstacle. 3ème séance, l’usager fait le parcours entier seul, il reconnaît les autres en les touchant des mains. Nous échangeons sur son ressenti pendant et après la séance, ce qui lui permet de se situer dans une progression individuelle.
Nous voyons bien que le faire face permet de se confronté à une peur qui est dépassée, pour devenir une victoire qui fait grandir. Si physiquement les obstacles sont franchis, l'état d'esprit s'améliore. Si le mental se fortifie, le corps se libère de l'emprise des angoisses.
Les théories sont toujours prometteuses sur le papier et on devient vite enthousiaste pour la mise en pratique, mais il ne faut pas oublié dans quel contexte nous devons intervenir.

Centre de Recherche Autisme d'Alsace: http://www.cra-alsace.net
De notre point de vue, un bon professionnel du secteur médico-social est la personne la plus à même d’encadrer des activités en Foyer spécialisé. C’est une personne qui connait le terrain, qui a appris chaque jour à s’adapter aux individus et à leurs pathologies. Les relations humaines qu’il entretient sont fragiles, il doit se soumettre à une remise en question permanente pour répondre aux situations parfois explosives. Quand on souhaite apporter dans un groupe de vie un enseignement qui sort du cadre institutionnel, il faut adapter la théorie et bien souvent dans l’instant présent. Par exemple, il serait totalement inapproprié de se noyer dans des explications abstraites, des concepts hors d’atteintes. Dans le cas d’un autiste, les règles n’existent pas. Il faut trouver le moyen d’entrer dans sa bulle et de l’amener à la partager pour peut-être créer une communication. Alors seulement il est possible de le mettre en mouvement par l’exemple concret. Pour un trisomique tourné vers l’égocentrisme, il va falloir travailler en individuel avec lui, tout en étant avec et pour le groupe.
On comprend qu’il est difficile de venir avec une pédagogie très théorique et de croire que des miracles vont se produire. Les encadrants d’activités sportives sont bien souvent des coachs formatés qui dirigent des clients. « Je rentre dans la salle, je fais mon cours, ils me payent... » Quand on intervient auprès de personnes fragilisées, dépendantes, la relation ne peut pas être que « l’offre et la demande » puisque l’on doit accompagner le participant vers un projet à long terme. C’est d’ailleurs l’un des axes de travail des professionnels de ce secteur social. La personnalité de l’encadrant peut être bénéfique comme dévastatrice. Nous avons l’exemple d’organismes qui s’apparentent à des sectes, d’individus manipulateurs et égotistes.
Ci-dessous le descriptif de certains des exercices que nous mettons en place et leurs bienfaits. C’est lors d’un atelier que je me suis personnellement heurté à la difficulté d’apprendre un simple enchainement de Qi Gong. Il fallait que ce soit concret, que cela parle à tous. Quoi de mieux que l’exemple du quotidien. J’ai pris une chaise et on a improvisé un groupe d’exercices qui permettent d’atteindre plusieurs objectifs :
- Groupe de la chaise
Sorte de squat depuis la position assise sur une chaise. Apprendre à s’asseoir en sollicitant les jambes afin de descendre en douceur et de poser les fessiers sans heurt. Lors de la descente, les bras son tendu devant soi à hauteur d’épaule, afin de ne pas chercher à saisir la chaise. On se relève en gardant le buste droit. Le sommet du crâne dirige la pousser.
Idem position assise sur une chaise. Dans le cas de trouble du rachis, on pose une main sur un genou et l’autre sur le bord de la chaise. On tourne son corps à 45° et on se lève avec le renfort des bras qui pressent. On passe en position debout par un soulèvement latéral du corps. Le transfert de poids s’opérant d’une hanche à l’autre latéralement sans induire de souffrance lombaire.
Idem mais devant une table. Dans le cas de trouble ostéo-articulaire des membres inférieurs, on se penche en avant au dessus de la table et on pousse des bras comme pour faire des pompes. Les positions varient en fonction du participant. On soulage ainsi les genoux etc.
Courses pour se saisir d’une place assise. Une rangé de chaises alignées. Les participants sur une même ligne de départ. Au signal on court s’asseoir et on applique le 1er exercice. On enlève ensuite une chaise et le perdant est celui qui reste debout. On termine avec une seule chaise. Le gagnant est celui qui récupère la dernière place. On donne un côté compétition ludique à l’atelier.
-La chaise : on accompagne le participant à se mettre dos droit contre un mur. Il prend conscience de ses courbures et on ajuste sa posture en fonction. Il avance les pieds parallèles, écartés d’une largeur d’épaule. « L’œil du genou » pointe dans le sens des orteils. On lui permet de descendre sur les cuisses comme pour s’asseoir sur la chaise. Une fois que le creux poplité atteint un angle de 90°, on aide le participant à tenir la position le plus longtemps possible.
Cette exercice permet de finir le travail des jambes en isostatique. Le corps enregistre dans son système nerveux la posture, les tendons et muscles sont fortifiés sans se raccourcir.
4.1. Exemple de programme en Education Corporelle
- Stretching
Sur la base d’étirements (Makko Ho) empruntés aux travaux de M. Masunaga, éminent fondateur du Iokaï shiatsu. Le principe est d’étirer le corps selon divers position afin de stimuler la circulation des fluides corporels. Pouvant être pratiqués au sol, ces exercices sont adaptés pour tous types de personnes. Selon la théorie des médecines orientales, chaque étirement correspond à un organe. Par exemple il suffit de mobiliser les côtés du corps pour stimuler le foie et la vésicule biliaire, etc.
- Dao Yin Qi Gong / Do In/ Taiji Quan (Voir annex 2)
Arts millénaires venant de Chine qui regroupent des exercices respiratoires avec le corps en mouvement. Cette pratique permet de travailler tout comme en Stretching mais avec plus d’introspection. Pour l’adapter au public ciblé, il nous faut procéder par niveau de pratique et évaluer régulièrement les participants. La partie Taiji Quan ne sera abordée qu’après observation de la progression des usagers, lors des autres pratiques de l’activité. En effet, le Taiji Quan est une discipline à part entière qui demande un minimum de faculté intellectuelle.
- Renforcement musculaire
L’intérêt ici n’est pas de faire de la musculation d’athlète. Le renforcement signifie stimuler les chaines musculaires pour pallier aux effets néfastes d’une sédentarisation. Pour comprendre les bienfaits nous interprétons une explication d’Alain Caudine4, enseignant de Taiji Quan et auteur de plusieurs livres : « Imaginons que le corps malade est une serpillère sèche et sale. Par les actions musculaires antagonistes de contraction-détente, extension-concentration, le corps en mouvement (serpillère) est comme plongé dans de l’eau fraiche et claire (les fluides du corps qui se mettent à circuler), puis il est essoré dans les mouvements en spirales. La serpillère devient propre et souple ».
En travaillant la coordination des membres dans un enchainement de mouvements naturels, concentré vers l’intérieur, les plus petits muscles (autochtones) sont mis à contribution. Ainsi par exemple, la chaine musculaire vertébrale maintient sont élasticité pour assurer sa fonction de cordage en renfort de la charpente osseuse.
Quelques séances pourraient démontrer que la stimulation de ces muscles autochtones entraine une résonnance profonde dans le système cérébrospinale. Selon l’approche somato-psychique, il y a un lien de causalité direct avec l’alignement des vertèbres et la détente de l’esprit. En prenant, bien-sûr, le sens ancien d’esprit dans son étymologie latine : Spiritus, souffle, et par extension l’Elan Vital.5
Qui dit axe corporel centré dit axe spirituel centré.6
Nous mettons en place une fiche d’évaluation de l’usager qui sera remplie après chaque séance. Nous faisons le point régulièrement avec l’équipe d’encadrant pour harmoniser notre travail. L’avis de l’usager est sondé après chaque séance.
Il nous faut atteindre l’objectif principal du projet personnalisé de l’usager, rédigé par l’éducateur référant, dans le respect de la date de la prochaine synthèse d’équipe.
L’activité sera alors reconduite en fonction de l’avancement de l’objectif principal.
L’activité ne s’arrête pas aux murs du Foyer. Nous avons déjà programmé une sortie avec le groupe lors des journées Handiludo de St Louis. Cette année les usagers participent à l’atelier Gym Douce conduit par un intervenant extérieur. Nous projetons de diriger notre propre atelier lors des prochaines journées en 2015.
Annexe 01 : Systèmes nerveux
Pour comprendre les exercices proposés en atelier, nous abordons quelques notions d’anatomie-physiologie.
Le Système nerveux de l’homme se compose de deux grandes parties : le Syst. Nerveux Central (SNC) et le Syst. Nerveux Périphérique (SNP). Le SNP à pour fonction de mesurer les stimuli internes et externes. Il recueille les informations venant soit des organes des sens soit des organes vitaux pour les transmettre au SNC. En retour, après traitement par le SNC, il transmet les impulsions motrices aux muscles. Ce fonctionnement proprioceptif conditionne l’action globale du corps et sa faculté d’adaptation. Il faut savoir que les terminaisons nerveuses se créent ou se meurt en fonction de la sollicitation des muscles. La vie est bien faîtes est c’est dans la répétition d’un mouvement que le corps va alors adapter son réseau de signal électrique, facilitant la reproduction de ce même mouvement. À l’inverse, l’inaction d’un muscle engendre à terme la perte de ce signal. Le réseau travaillant à l’économie pour distribuer correctement ce que l’on peut appeler l’énergie psychomotrice.
Annexe 02 : Viscère et entrailles selon la MTC
J’aborde ici en résumer la notion de "Sphère organique" afin d’entrevoir la relation microcosme – macrocosme, environnement interne de l’individu relié à son milieu, selon les médecines orientales. Ceci n’est qu’à titre informatif car nous mettons pour l’instant de côté ces théories dans l’activité, mais elles sont toujours une référence. Pour un approfondissement du sujet reportez vous aux notes de fin de pages. De futurs articles sont en cours d’écriture pour un "bien-être saisonnier", à suivre sur le blog katsushinkai.over-blog.org
Viscères Zang 藏 et entrailles Fu 胕
Résumer tiré de l’ouvrage : Précis de Médecine chinoise, Ed. Dangles
1. Classification des Sphères Organiques
Les noms chinois des organes ne correspondent pas toujours aux organes définis par la physiologie occidentale. Pour comprendre de façon globale l’approche MTC il faut parler en termes de "sphère organique" ou Loge :
"Vaste ensemble associé à chacun des organes qui comprend l'organe lui-même ainsi qu'une des entrailles, des tissus, des substances, des méridiens, des émotions, des aspects du psychisme et des stimuli de l'environnement."
Les Zang-Fu comprennent d'une part les 5 Organes Zang dits "pleins" : Cœur, Rate/Pancréas, Foie, Reins et Poumon et d'autre part les Entrailles Fu "creuses" : Estomac, Intestin grêle, Gros Intestin, Vésicule biliaire et Vessie. En MTC, les vaisseaux, les os, la Moelle, le Cerveau et les organes reproducteurs font partie des Viscères particuliers et sont étroitement liés aux 8 merveilleux méridiens, aux reins et à Ming Men. Toutes les théories médicales chinoises attribuent le contrôle de l'homéostasie1 aux viscères et plus précisément à l'équilibre des sphères d'influence des cinq organes (Zang). En physiologie chinoise, cette description n'est pas exclusivement physique. Plusieurs autres aspects font partie intégrante de la physiologie, y compris les fonctions des organes et leurs relations avec les substances2 ainsi qu'avec les émotions. Elle tient aussi compte du fait que la non-résolution des conflits intérieurs, la présence incontrôlable de certaines émotions ou un déséquilibre des "Esprits"3 peuvent entraîner une mauvaise gestion des substances et une perturbation des fonctions viscérales.
1.1 Le pur et l’impur
Pur et impur sont les termes utilisés pour qualifier les états du Qi. Les états les plus raffinés sont dits purs ; les états grossiers (avant transformation) et les états dégradés des résidus sont qualifiés d'impurs. Pour maintenir son intégrité, l'organisme opère constamment une assimilation et une décantation des différents Qi qui circulent dans l'organisme. Ces opérations visent l'entretien et la préservation de la trame matérielle de l'organisme, considérée comme une substance pure.
Selon leur relation avec le pur et l'impur, les viscères sont classés en deux catégories : Les entrailles (Yang) qui ont la charge de recevoir les Qi impurs sous la forme d'aliments, d'en extraire les composantes pures, puis de rejeter l'impur. Et les organes (Yin) de leur côté, ont la charge de gérer le pur sous ses diverses formes : Sang, Liquides organiques, Essences acquises, Qi nourricier, Qi défensif4, etc.
Par exemple, le cœur fait circuler le sang, les reins préservent l'intégrité des liquides en éliminant les liquides usés et aident à rafraîchir et à humidifier l'organisme, le poumon distribue le Qi défensif à la surface, etc.
1.2 Relation biaoli 表里
Chaque organe et relié à une entraille par la relation biao-li surface-profondeur des Wu Xing5 . Un binôme Yin/yang dont le mouvement énergétique se complète.
Exemple: Le poumon a pour mouvement la descente. A l'expire, il redistribue le Qi ambiant vers les reins afin de nourrir le Yuan Qi. Il permet le Zhong Qi, l’énergie nourricière combiné de l’air et de la nourriture. Dans la sphère "Métal" il a pour Fu le Gros intestin dont l'action est d'éliminer vers le bas l'impure de la nourriture. Lorsqu’il y a un désordre énergétique des poumons (tabacs, virus, émotions …) soit le Qi stagne (asthme, oppression, constipation) soit il remonte (bronchite, grippe, toux) soit il descend en s’imposant (mictions fréquentes). Les anciens savaient déjà qu’une chaleur perverse des poumons entraine un assèchement du gros intestin et la constipation.
Ci-dessous un exemple de relation biaoli :
|
Organes "Zang" |
Entrailles "Fu" |
|
Le Poumon (肺 Fei). Cet Organe englobe les échanges du cœur et de la circulation pulmonaire. En plus de gérer le système respiratoire, Fei combine ce qui vient des Aliments et ce qui vient de l'Air en un Qi complexe (Zhong Qi) qui sera distribué au reste de l'organisme par l'intermédiaire du sang artériel. Premier barrage défensif contre agents pathogènes externe. Dirige Wei Qi.
Suwen6 : Le poumon a la fonction officielle de ministre de l’Etat ; il gère l’administration |
Le Gros Intestin (大场Da Chang) élimine les selles.
Suwen : fonction officielle du transit ; l’excrétion des matières transformées en découle. |
|
Le Foie (肝 Gan). Responsable de la régularisation du Qi dans tout l’organisme d’où harmonie du métabolisme, des liquides, des émotions…Traite le sang d’où rapport cause-conséquence avec système sanguin (hémorragie, gynécologie etc.)
Suwen : fonction officielle de générale ; il élabore la stratégie |
La Vésicule biliaire (膽 Dan) stimule les intestins avec la bile.. à la fois Fu et Zang car comme les entrailles elle est couplée et par stockage du liquide elle régit un aspect psychologique comme un Zang. De plus elle n’est pas une voie de transit ou de transformation, et de ce fait est aussi particulière.
Suwen : fonction officielle d’arbitrer de façon impartiale ; il en émane la fermeté dans les décisions. |
Notes personnelles :
1 Ensemble des fonctions métaboliques qui permettent l’équilibre de l’organisme
2 Le Sang, les Liquides organiques, les Esprits, les Qi et les Essences. Composantes mobiles du corps qui relient, stimulent, protègent et nourrissent les structures organiques et les fonctions psychiques
3 Les entités psychoviscérales, théorie des "Wu Xing". Personnellement je les traduits par les âmes plutôt que Esprit (Anima, ce qui anime…)
4 voir Wei Qi ; Zhong Qi ; Yuan Qi ; différents types d’énergies
5 voir horloge circadienne
6 le Suwen : (questions primordiales) inclus dans le Huangdi Neijing, Classique interne de l’Empereur jaune qui comprend 4 tomes + 2ts du Su wen, Le Nan jing et le Ling jing.
7 voir étiologie diabète
8 Porte du destin, point 4 du Vaisseau Gouverneur, Du Mai.
9 Voir pratique taoïste du Xiao Zhou Tian, petite circulation céleste. Relation Feu-Eau
10 Ben Căo Gang Mù : Compendium de la matière médicale
11 Références: Précis de médecine chinoise, Eric Marié. Ed. Dangles / Le diagnostique en médecine traditionnelle chinoise. You-Wa Chen. Ed. You Feng
1 «plaisir et handicap physique ». http://corpsetculture.revues.org/389
2 Ce type d’exercice est un fondement des arts martiaux qui, pratiquer à des niveaux supérieur, ouvre les portes de principes essentiels tels que ceux cités dans les traités : « Le jing, la force, prend racine dans les pieds, se développe dans les jambes, est commandé par yao, la taille » (Zhang San Feng). « […] de la marche […] se déplacer aussi vite que le vent et aussi silencieusement que la forêt […] charger comme la foudre […] » (Sun Zi).
3 www.psychologie.com link
4 www.wangxian.com link
5 Voir les divers articles du blog STEAM / ANLU : katsushinkai.over-blog.org
6 Lire "Zen et Arts Martiaux" de Taisen Deshimaru.

STEAM Sciences du Tao et Etudes des Arts Martiaux de Frédéric F. Vernet est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 non transposé.
Fondé(e) sur une œuvre à http://katsushinkai.over-blog.org.